(via Les Echos, 02.02.2011, page 11)

C’est une guérilla urbaine d’un nouveau genre, très pacifique, où l’on se bat à coups d’économies d’énergie. Les habitants de la Stargarder Strasse, une des plus belles rues de Prenzlauer Berg, le « boboland » berlinois, vont bientôt être appelés à faire baisser la consommation de leur immeuble via un jeu interactif, à la fois en ligne, via un site, et « in real life », puisque des actions spécifiques sont prévues, comme la lecture de compteurs électriques, ou encore des installations montées dans la rue.

C’est le projet que montent depuis maintenant plusieurs mois Benedikt Foit, à Berlin, et Habib Lesevic, depuis Londres, tous deux associés dans Vicventures, après une rencontre à l’ESCP Europe, en 2009. « J’ai remarqué une tendance dans la société vers le développement de jeux collectifs, pas seulement dans le monde numérique, mais aussi dans le monde physique. J’étais aussi intéressée par tout ce qui tourne autour du développement durable. Nous avons cherché comment concilier les deux », explique Benedikt Foit, concentré de branchitude berlinoise de vingt-huit ans, dans les locaux de l’Open Design City, une sorte d’atelier expérimental où de jeunes créateurs peuvent développer leurs idées, dans le quartier plus alternatif et créatif de Kreuzberg.

En test à partir de mai
Les habitants de la Stargarder Strasse occupent 1.500 logements dans 90 bâtiments qui constitueront autant d’équipes. Ils passeront en phase de test pendant dix semaines, de mai à août. Les 130 magasins, restaurants ou cafés de la rue seront associés au projet pour motiver les riverains. Ces derniers devraient se montrer pour le moins réceptifs au concept, compte tenu des scores régulièrement enregistrés par les Verts dans le quartier. La phase de test interviendra juste avant la campagne électorale des élections régionales du Land de Berlin.

Les programmeurs ont été priés de maximiser le « fun » des participants. Si le succès est au rendez-vous, le projet, baptisé « Energy Streetfight » et soutenu par une subvention publique via la fondation Kulturstiftung de Bundes, pourrait être étendu à d’autres rues, voire adapté à d’autres villes.

K. M. – (À BERLIN)

 

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